Le marché de l’emploi pour les consultants SIRH explose… mais les candidats réellement opérationnels restent rares. Résultat : des offres d’emploi intéressantes, des salaires attractifs, et de belles perspectives d’évolution pour ceux qui savent se positionner.
Vous voyez passer des annonces de « consultant SIRH » sans être sûr de bien cerner le métier ? Vous vous demandez si votre profil peut coller, ou quelles compétences développer pour être vraiment attractif aux yeux des recruteurs ?
On va décortiquer ensemble le contenu réel d’une offre d’emploi de consultant SIRH : missions, compétences clés, profils recherchés, perspectives de carrière… et surtout comment vous démarquer.
Qu’est-ce qu’un consultant SIRH, concrètement ?
Le SIRH (Système d’Information des Ressources Humaines) regroupe l’ensemble des outils digitaux qui permettent de gérer la paie, les temps, les talents, la formation, le recrutement, etc.
Le consultant SIRH, c’est la personne qui fait le lien entre :
- les besoins RH (DRH, responsables RH, paie, managers),
- les contraintes techniques (ERP, logiciel SIRH, intégration SI),
- et la réalité terrain (collaborateurs, managers, process internes).
Dans une offre d’emploi, derrière les termes un peu vagues comme « optimiser les processus RH » ou « accompagner la transformation digitale », il y a en réalité un rôle très précis : comprendre comment fonctionne la RH aujourd’hui, concevoir une cible plus efficace, puis configurer / piloter les outils pour y arriver.
Autrement dit : le consultant SIRH n’est ni un pur informaticien, ni un pur RH. C’est un hybride stratégique, capable de parler le langage des deux mondes.
Les principales missions d’un consultant SIRH
Si on lit entre les lignes des offres d’emploi, les missions se regroupent en quelques grands blocs.
1. Recueil et analyse des besoins RH
- Ateliers avec les équipes RH, paie, managers et parfois les représentants du personnel.
- Analyse des processus existants : gestion des absences, entretiens annuels, recrutement, on-boarding, etc.
- Rédaction de spécifications fonctionnelles : ce que le futur SIRH doit savoir faire, dans le détail.
C’est la phase où l’on pose toutes les questions qui fâchent : qui fait quoi, quand, avec quel outil, pourquoi ça prend autant de temps… et où l’on imagine comment faire mieux.
2. Pilotage de projets SIRH
- Planification des différentes phases du projet (cadrage, déploiement pilote, déploiement global).
- Coordination des équipes internes (RH, IT) et externes (éditeur, intégrateur).
- Suivi du budget, du planning, des risques.
Dans une offre d’emploi, cela se traduit souvent par « gestion de projet », « conduite de projet SIRH », ou encore « PMO SIRH ».
3. Paramétrage et recette des outils
- Configuration fonctionnelle du SIRH : workflows, règles de validation, référentiels, rôles utilisateurs.
- Tests (recette) pour vérifier que l’outil fait bien ce qui a été demandé.
- Remontée et suivi des anomalies auprès de l’éditeur ou de l’intégrateur.
Selon les postes, la part « technique » peut être plus ou moins forte. Certains consultants font surtout de la coordination, d’autres mettent franchement les mains dans le paramétrage.
4. Accompagnement du changement
- Conception des supports de formation, guides utilisateurs, FAQ.
- Animation de sessions de formation pour les équipes RH et les managers.
- Communication autour du projet : newsletter interne, webinars, ateliers.
Si une offre insiste beaucoup sur la « pédagogie », « l’accompagnement des utilisateurs », la « vulgarisation », vous êtes clairement sur un poste avec une forte dimension conduite du changement.
5. Amélioration continue et support
- Suivi des indicateurs de performance RH (taux d’utilisation des outils, qualité des données, temps de traitement).
- Proposition d’évolutions fonctionnelles : nouveaux modules, optimisations, automatisations.
- Support de niveau 2 pour les équipes RH sur les questions complexes.
C’est souvent ce qu’on lit sous la forme « faire vivre le SIRH » dans les descriptions de poste.
Les compétences indispensables pour décrocher une offre d’emploi de consultant SIRH
Les recruteurs ne cherchent pas seulement quelqu’un qui « connaît les RH » ou qui « aime l’informatique ». Ils veulent un profil capable de livrer des projets concrets. Voici ce qui ressort le plus souvent.
1. Compétences fonctionnelles RH
- Bonne compréhension des processus RH : recrutement, onboarding, gestion des talents, évaluation, formation, mobilité, paie, temps & activités.
- Connaissance de base du droit du travail et des obligations légales (notamment en paie, gestion des temps, RGPD).
- Vision globale du cycle de vie collaborateur.
Vous n’avez pas besoin d’être juriste, mais il faut suffisamment maîtriser les fondamentaux pour paramétrer un outil cohérent avec la loi et les accords d’entreprise.
2. Compétences SI et outils SIRH
- Connaissance d’un ou plusieurs SIRH du marché : Workday, SuccessFactors, Talentsoft, Oracle HCM, Cegid, Lucca, Silae, HR Access, etc.
- Compréhension des concepts de base des SI : flux de données, interfaces, référentiels, sécurité.
- À minima, une vraie aisance sur Excel et les outils de reporting / BI.
Les annonces mentionnent souvent des outils précis : c’est un énorme plus si vous pouvez montrer de l’expérience dessus, même côté utilisateur avancé au début.
3. Compétences en gestion de projet
- Capacité à structurer un projet : jalons, livrables, planning.
- Animer des ateliers, cadrer les besoins, prioriser.
- Suivre des plans de tests et piloter des recettes.
Si vous avez travaillé sur d’autres types de projets (ERP, CRM, déploiement d’outils internes), capitalisez dessus : les méthodes sont très transférables.
4. Compétences relationnelles et pédagogiques
- Savoir écouter, reformuler, challenger sans braquer.
- Traduire un besoin métier en besoin fonctionnel, puis en règles dans un outil.
- Savoir expliquer simplement des sujets techniques à des non-techniciens.
Un consultant SIRH passe une bonne partie de son temps à discuter avec les RH, les managers, les équipes IT. Le relationnel fait clairement la différence entre un « bon technicien » et un « très bon consultant ».
5. Rigueur et sens de l’analyse
- Analyser des processus et détecter les points de friction.
- Identifier les impacts d’un changement de paramétrage.
- Tester de manière méthodique, documenter les anomalies.
Ce métier ne pardonne pas vraiment l’à-peu-près : une règle mal paramétrée en gestion des temps ou en paie peut avoir des conséquences lourdes.
Profils les plus recherchés pour les postes de consultant SIRH
Les entreprises et cabinets de conseil restent assez ouverts sur les parcours, mais plusieurs profils reviennent souvent dans les offres.
1. Ancien(ne)s RH ou paie
- Responsables RH, gestionnaires paie, responsables administration du personnel qui ont piloté ou utilisé en profondeur un SIRH.
- Souvent très à l’aise sur les processus, un peu moins au départ sur la partie SI, mais ça s’acquiert.
Avantage : une forte crédibilité auprès des utilisateurs finaux, car vous « parlez leur langue ».
2. Consultants fonctionnels SI / ERP
- Consultants déjà passés par des projets ERP (finance, contrôle de gestion) ou CRM qui souhaitent se spécialiser en RH.
- Bonne culture IT et gestion de projet, avec à approfondir la partie métier RH.
Avantage : très rapides à monter en puissance sur la logique d’implémentation et le pilotage de projets complexes.
3. Jeunes diplômés spécialisés RH & Systèmes d’Information
- Masters RH avec une spécialisation SIRH, ou écoles de commerce / d’ingénieurs avec majeure SI & transformation digitale.
- Stages ou alternances sur des projets SIRH, même côté utilisateur ou PMO.
Avantage : profil adaptable, à l’aise avec le digital, bon potentiel d’évolution.
Une journée type de consultant SIRH
Pour visualiser le métier, prenons une journée assez classique en phase de projet :
- 9h00 – Atelier métier avec l’équipe formation pour définir le futur processus de gestion des plans de développement des compétences.
- 10h30 – Ajustements de paramétrage dans l’outil : workflow de validation, droits d’accès, règles de notification.
- 11h30 – Points rapides avec l’IT pour suivre l’avancement des interfaces entre le SIRH et le logiciel de paie.
- 14h00 – Session de tests avec un échantillon de managers pour valider la simplicité d’utilisation du nouveau module.
- 16h00 – Préparation de supports de formation et FAQ pour les utilisateurs finaux.
- 17h30 – Reporting projet : mise à jour du planning, des risques, des décisions prises dans la journée.
Le rythme varie selon les phases : plus analytique et conceptuel en amont, plus orienté test et formation à l’approche du déploiement.
Les perspectives de carrière pour un consultant SIRH
C’est l’un des gros points forts des offres d’emploi sur ces fonctions : le SIRH est au croisement de plusieurs mondes, ce qui ouvre de nombreuses portes.
Évolutions « naturelles » dans le SIRH
- Consultant senior SIRH, puis manager d’équipe SIRH dans un grand groupe.
- Responsable SIRH (côté entreprise), avec pilotage de l’ensemble des outils RH.
- Chef de projet SIRH global, sur des déploiements internationaux.
Passerelle vers d’autres fonctions
- Responsable transformation RH ou HRBP avec un fort volet digital.
- Consultant en organisation / transformation, au-delà du seul périmètre SIRH.
- Spécialiste data RH / HR Analytics, en capitalisant sur la maîtrise des données RH.
Freelance et conseil indépendant
- Se positionner comme expert d’un SIRH spécifique (Workday, SuccessFactors, Talentsoft…).
- Accompagner des PME / ETI dans leur première mise en place de SIRH.
- Intervenir en renfort sur des projets en difficulté (remise à plat, recadrage, conduite du changement).
La demande en compétences SIRH dépasse largement l’offre. Une expérience solide de 3 à 5 ans ouvre déjà des opportunités très intéressantes, y compris en indépendant.
Salaires et conditions de travail : à quoi s’attendre ?
Les fourchettes varient selon la taille de l’entreprise, la localisation et le type de structure (cabinet de conseil vs client final), mais on retrouve des tendances assez claires.
En début de carrière (0–3 ans)
- Environ 35 000 à 45 000 € brut annuel en province.
- Plutôt 40 000 à 50 000 € en Île-de-France, parfois plus en cabinet de conseil reconnu.
Profil confirmé (3–7 ans)
- 45 000 à 60 000 € brut annuel selon expertise fonctionnelle et outils maîtrisés.
- Possibilité de variable lié au succès des projets ou à la performance globale.
Senior / manager / responsable SIRH
- 60 000 à 80 000 € voire plus dans les grands groupes et cabinets internationaux.
- Des packages plus élevés en freelance, mais avec d’autres contraintes (prospection, intermissions).
Côté conditions de travail, le télétravail est très répandu sur ces postes, avec des déplacements ponctuels pour les ateliers et les formations. En cabinet de conseil, la charge peut être plus intense, mais l’exposition projet est également plus large.
Comment lire une offre d’emploi de consultant SIRH sans se tromper ?
Toutes les annonces se ressemblent un peu ? Normal. Mais quelques indices permettent de savoir si le poste vous correspond vraiment.
1. Le périmètre fonctionnel
- Poste très « paie / GTA » : mention de la paie, des déclarations sociales, des cycles de paie, du suivi des temps et absences.
- Poste plutôt « talent / recrutement / formation » : vocabulaire autour des entretiens annuels, des plans de succession, de la mobilité interne, de l’e-learning.
Vérifiez que le périmètre correspond à vos appétences et à vos compétences actuelles ou cibles.
2. Le niveau de technicité attendu
- Si l’annonce insiste sur « paramétrage avancé », « requêtes complexes », « interfaces », le poste sera plus technique.
- Si le discours tourne autour de « pilotage de projet », « coordination », « conduite du changement », le rôle est plus orienté gestion de projet et accompagnement.
3. Le degré d’autonomie et de responsabilité
- « Vous interviendrez en renfort sur une équipe SIRH existante » : bon pour monter en compétence progressivement.
- « Vous serez le référent SIRH de l’entreprise » : poste très responsabilisant, mais à éviter si vous débutez complètement.
4. Le contexte du projet
- Mise en place from scratch : phase passionnante, mais très exigeante.
- Refonte ou migration SIRH : forte composante de nettoyage de données, gestion de résistances, comparaisons d’outils.
- Optimisation d’un SIRH existant : plus d’amélioration continue, moins de « grand soir ».
Un bon réflexe en entretien : demander explicitement où en est le projet et quelles sont les 3 grandes priorités des 12 prochains mois.
Comment rendre votre profil attractif pour les recruteurs SIRH
Si vous visez ce type d’offres, voilà sur quoi travailler pour maximiser vos chances.
1. Valoriser vos expériences « projet »
- Si vous avez participé à un déploiement d’outil (même non SIRH) : décrivez le contexte, votre rôle, les résultats.
- Si vous avez piloté ou amélioré un processus RH avec un outil : détaillez avant / après et les gains obtenus.
Les recruteurs cherchent des personnes qui ont déjà vécu un projet, même à petite échelle.
2. Mettre en avant vos compétences outils
- Citez précisément les SIRH, ERP ou logiciels RH que vous maîtrisez.
- Donnez des exemples concrets : type de paramétrage, reporting mis en place, volume d’utilisateurs.
Un « bon niveau sur Excel et à l’aise avec les outils numériques » ne fera pas la différence. Un « paramétrage avancé de Lucca – modules Congés & Notes de frais pour 500 collaborateurs » oui.
3. Travailler votre culture SIRH
- Suivez l’actualité des éditeurs SIRH et des grandes tendances (digitalisation RH, data RH, IA, expérience collaborateur).
- Testez des démos ou sandbox quand c’est possible.
- Lisez les retours d’expérience de projets (webinars, livres blancs, conférences).
En entretien, être capable de parler de 2–3 outils du marché, de leurs forces/faiblesses, donne tout de suite de la crédibilité.
4. Soigner vos exemples d’accompagnement du changement
- Avez-vous déjà formé des utilisateurs sur un outil ?
- Avez-vous créé des guides, tutos, supports pédagogiques ?
- Avez-vous géré des résistances lors d’une évolution d’outil ou de process ?
Ce sont des atouts majeurs, souvent sous-estimés par les candidats.
5. Adapter votre discours à votre cible (cabinet vs client final)
- Cabinet de conseil : insistez sur votre capacité à intervenir sur plusieurs projets, à vous adapter à différents environnements, à gérer des clients exigeants.
- Client final : mettez en avant votre envie de construire dans la durée, de faire évoluer un SIRH sur plusieurs années, et votre connaissance du secteur si vous en avez une.
Un même profil peut intéresser les deux mondes, mais pas avec le même angle.
En résumé : le métier de consultant SIRH se situe au carrefour stratégique de la fonction RH et du système d’information. Les offres d’emploi reflètent cette hybridation : on y demande de la compréhension métier, de la maîtrise outils, de la gestion de projet et une vraie capacité à faire bouger les lignes. Pour ceux qui aiment à la fois la dimension humaine et la logique des systèmes, c’est un terrain de jeu particulièrement riche… et durablement porteur.