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Kpi gestion pour un restaurant : indicateurs essentiels pour piloter la rentabilité

Kpi gestion pour un restaurant : indicateurs essentiels pour piloter la rentabilité

Kpi gestion pour un restaurant : indicateurs essentiels pour piloter la rentabilité

Gérer un restaurant sans KPI, c’est un peu comme cuisiner dans le noir : même avec un bon instinct, vous finissez par renverser quelque chose. Les indicateurs de performance ne sont pas réservés aux grandes chaînes : un bistrot de quartier ou une brasserie peuvent (et doivent) les utiliser pour piloter leur rentabilité au quotidien.

Dans cet article, je vais vous montrer, en tant qu’exploitant, gérant ou futur restaurateur, quels sont les KPI vraiment utiles pour un restaurant, comment les calculer, et surtout comment les utiliser pour gagner en marge… sans perdre en plaisir de travailler.

Pourquoi un restaurant a absolument besoin de KPI

Un restaurant peut être « plein » et pourtant perdre de l’argent. Cela vous semble familier ? Salle animée, cuisine qui envoie, mais compte bancaire qui ne suit pas. Le problème ne vient pas forcément de la fréquentation, mais du pilotage.

Les KPI vous permettent de :

En clair : les KPI transforment votre resto d’un business « au feeling » en une entreprise pilotée, sans tuer l’âme du lieu. Ils vous donnent le tableau de bord qui manque souvent entre la caisse et l’expert-comptable.

Les KPI de chiffre d’affaires et de fréquentation

On commence par les indicateurs les plus évidents… et pourtant souvent mal exploités.

1. Chiffre d’affaires par service, par jour et par période

Suivez votre chiffre d’affaires :

Cela vous permet de repérer :

2. Nombre de couverts

Le nombre de couverts est la base de plusieurs KPI essentiels. À suivre par :

3. Ticket moyen (ou panier moyen)

Formule :

Ticket moyen = Chiffre d’affaires / Nombre de couverts

C’est un indicateur clé. Deux restos peuvent faire le même chiffre d’affaires mais avec des réalités très différentes :

Les leviers sur le ticket moyen :

Un simple focus équipe sur la vente additionnelle peut booster votre ticket moyen de 1 à 3 €… ce qui, à l’année, fait une énorme différence.

4. Taux de remplissage

Formule :

Taux de remplissage = (Nombre de couverts servis / Nombre de couverts disponibles) x 100

À suivre par service. Un restaurant avec 60 % de remplissage le midi en semaine n’aura pas la même stratégie qu’un restaurant à 95 % tous les soirs.

Ce KPI vous aide à :

Les KPI de coûts matières et de marge

C’est ici que beaucoup de restaurants perdent de l’argent sans s’en rendre compte. Un plat « qui marche bien » peut être celui qui détruit votre marge.

5. Coût matière (food cost) en % du chiffre d’affaires

Formule :

Food cost % = (Coût des matières premières / Chiffre d’affaires) x 100

À suivre au minimum par mois, et idéalement par semaine. En restauration traditionnelle, on vise souvent un food cost entre 25 % et 35 %, selon le positionnement.

Si vous êtes systématiquement au-dessus :

6. Food cost théorique vs réel

Le food cost théorique vient de vos fiches techniques :

Le food cost réel vient de vos achats et de votre chiffre d’affaires.

L’écart entre les deux vous indique :

7. Marge brute par plat

Ce KPI est sous-utilisé alors qu’il change la donne.

Formule :

Marge brute d’un plat = Prix de vente – Coût matière du plat

Sur votre carte, identifiez :

Votre objectif : mettre en avant les « stars » (à l’oral, sur la carte, en visuel), améliorer ou retirer les « pièges » et épurer la carte des « décorations ».

Les KPI liés au personnel et à la productivité

En restauration, le poste « personnel » est l’un des plus lourds après les matières. Mal piloté, il absorbe vos bénéfices. Bien maîtrisé, il sécurise votre niveau de service et votre marge.

8. Coût du personnel en % du chiffre d’affaires

Formule :

Coût du personnel % = (Total salaires + charges / Chiffre d’affaires) x 100

À inclure :

En restauration, une cible fréquente se situe entre 25 % et 40 % du CA, selon le concept, le niveau de service et le ticket moyen. L’important n’est pas de « payer le moins possible », mais d’aligner ce pourcentage avec votre niveau de prix et de fréquentation.

9. Productivité par couvert

Formule simple :

Productivité = Chiffre d’affaires / Nombre d’heures travaillées

Vous pouvez affiner par zone :

L’objectif : ajuster vos plannings en fonction de la réalité des services. Trop de staff en heures creuses = marge qui fond. Pas assez de staff en rush = service dégradé et clients qui ne reviennent pas.

10. Ratio heures planifiées / heures réellement nécessaires

En suivant sur quelques semaines :

Vous pouvez corriger les excès structurels : par exemple, deux personnes en salle de 15 h à 18 h alors que vous faites 5 % du CA de la journée sur ce créneau.

Les KPI de qualité de service et de satisfaction client

Un resto rentable à court terme qui maltraite ses clients ne reste pas rentable très longtemps. Mesurer la satisfaction, ce n’est pas du « soft », c’est du business.

11. Taux de retour clients

Si vous avez un système de réservation ou un fichier clients (mail, téléphone) :

Taux de retour = (Clients déjà venus / Total clients) x 100, sur une période donnée

Un bon taux de retour indique que :

12. Notes et avis en ligne (Google, TheFork, etc.)

Suivez :

Votre objectif n’est pas seulement d’augmenter la note, mais de transformer les feedbacks en actions concrètes : portion jugée petite, temps d’attente, amabilité, bruit, etc.

13. Temps d’attente moyen

Vous pouvez le suivre de façon simple :

Sans chronomètre obsessionnel, quelques relevés ciblés en rush permettent de repérer les gros dysfonctionnements : manque de prépa, communication cuisine-salle, organisation du passe, etc.

Les KPI de trésorerie et de rentabilité globale

C’est ici que vous validez si tout ce que vous faites sert réellement à quelque chose sur votre résultat et votre cash.

14. Résultat d’exploitation (ou EBITDA simplifié)

En version simplifiée :

Résultat d’exploitation = Chiffre d’affaires – Coût matières – Coût personnel – Charges externes principales (loyer, énergie, assurances, etc.)

Suivi mensuel, il permet de voir si, une fois les postes clés payés, il reste quelque chose pour :

15. Point mort (seuil de rentabilité)

Le point mort, c’est le niveau de chiffre d’affaires à partir duquel vous commencez réellement à gagner de l’argent.

Si votre point mort est à 60 000 € par mois et que vous faites en moyenne 55 000 €, vous savez que :

Connaître votre seuil de rentabilité transforme vos décisions : vous savez précisément combien il faut vendre pour « payer le mois ».

16. Trésorerie nette et encours fournisseurs

Deux KPI à surveiller comme le lait sur le feu :

Un restaurant peut être rentable sur le papier mais asphyxié par :

Votre tableau de bord doit intégrer au moins un suivi mensuel de ces éléments, pour éviter les mauvaises surprises.

Comment mettre en place un tableau de bord simple et efficace

Pas besoin d’un ERP à 1000 € par mois pour piloter un restaurant. Commencez simple, mais rigoureux.

1. Choisissez 10 à 12 KPI clés maximum

Parmi ceux cités, sélectionnez ceux qui ont le plus d’impact sur VOTRE modèle :

2. Appuyez-vous sur votre logiciel de caisse

La majorité des infos de base sont déjà là :

Exportez vos données en Excel ou Google Sheets, et construisez un tableau de bord mensuel. Au début, une simple feuille avec quelques formules bien pensées suffit largement.

3. Fixez un rythme de suivi réaliste

L’important n’est pas de tout suivre, tout le temps, mais de garder une cadence régulière qui s’intègre dans votre routine.

4. Implication de l’équipe

Les KPI ne sont pas seulement « pour le patron ». Partagez certains indicateurs avec votre équipe :

Une équipe qui comprend les chiffres derrière le service prend de meilleures décisions au quotidien.

Quelques exemples concrets de décisions guidées par les KPI

Pour rendre tout cela très pratique, voici des situations que j’ai souvent rencontrées en accompagnement de restaurateurs.

Exemple 1 : une carte trop large qui étouffe la marge

En analysant la marge par plat, un restaurateur se rend compte que :

Décision :

Résultat en trois mois :

Exemple 2 : des midis déficitaires qu’il fallait oser fermer

Autre cas fréquent : un restaurant ouvert midi et soir, 6 jours sur 7. Les KPI montrent que :

Décision :

Résultat :

Exemple 3 : augmenter le ticket moyen sans « pousser à la consommation »

Un bistrot aux avis très positifs, mais un ticket moyen bloqué à 18 €. Les KPI montrent :

Décision :

Résultat :

Tout ça, sans changer la déco ni lancer une campagne marketing coûteuse. Juste avec des décisions guidées par les bons indicateurs.

En résumé, les KPI de gestion pour un restaurant ne sont pas un luxe réservé aux grandes enseignes. Ce sont des outils concrets pour :

Si vous deviez commencer demain, choisissez une douzaine de KPI parmi ceux détaillés ici, créez un tableau simple, et suivez-les pendant trois mois. Les chiffres ne font pas tout… mais ils éclairent ce que votre ressenti pressent déjà. Et dans un métier aussi exigeant que la restauration, s’offrir un peu de visibilité, c’est déjà beaucoup.

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